Thèmes / Divers
Les forces sous-marines
28 février 2011
Un fois n’est pas coutume, j’aimerais vous faire partager sur mon blogue le témoignage très inspirant que m’a envoyé Hugo Latulippe, cinéaste et auteur québécois, depuis le Forum social mondial de Dakar. Bonne lecture à toutes et tous!
Toute la semaine dernière, entre les sessions et ateliers de la ruche babélienne du Forum Social Mondial de Dakar, j’ai plusieurs fois « googlé » l’acronyme FSM pour lire ce qui s’écrivait sur nous en direct, dans les pages des grands quotidiens du monde. En tête de liste, Google s’obstinait à me suggérer le même article de Wikipédia : « FSM : Forces sous-marines, l’une des quatre grandes composantes de la marine militaire… » J’ai commencé par ne pas noter la beauté de la chose. Mais ils avaient raisons ces gestionnaires du hasard technotronique. Le peuple du FSM est effectivement une famille de l’en dessous. Une nébuleuse qui couve le feu.
Une famille
Dans cette smala parfois improbable, il y a en fait deux sortes d’artificiers. Il y a bien sûr les mangés tout crus, largement majoritaires ; les paysans du sud, les femmes africaines, les refoulés de père en fils, les va-nu-pieds de Palestine, du Tibet ou des nations aborigènes d’Amérique, les torchés vivants du capitalisme chinois, les pollués des tous les bords de la machine industrielle, les usés jusqu’à la corde des zones franches, etc. On comprend qu’ils soient là, eux. Ils ont tout intérêt à s’unir pour contrer la blitzkrieg de l’Homme blanc et son projet de terre brulée.
Et puis il y a les gens plus joufflus, minoritaires ici ; ceux qui viennent des régions « crème chantilly » du globe. Ceux qui ont pigé les meilleurs jetons de la loterie géographique. Dans leurs royaumes nordiques, ils se sont retrouvés parmi les 5% d’habitants les plus riches de la terre, sans même lever le petit doigt.
Alors, que font-ils ici ceux-là ? On peut raisonner et dire : « c’est normal, franchement, de partager un peu sa chance ! » Oui, mais il y a autre chose, puisque peu de gens de New York, de Zurich, Londres ou Paris prennent la peine de venir ici, finalement. Qu’est-ce qui mène les joufflus ici ? Un penchant irrationnel (romantique ?) pour le perdant de la loterie, peut-être. Ou alors c’est un feu. Inextinguible, vieux comme le temps. Un instinct de combat, perpétuel. Les joufflus qui sont ici sont peut-être convaincus que l’époque doit (et peut !) être basculée.
2 mamies
Je me pose ces questions en admirant deux belles mamies brésiliennes, dans la jeune soixantaine, clairement issues des classes bourgeoises, qui animent un atelier à propos du prochain sommet de Durban en 2011. C’est l’après-midi africain, il fait chaud dans les locaux de l’université. Malgré la lourdeur des nécessaires traductions en trois langues, malgré le chaos général de cette assemblée qui a tout du bordel, les deux mamies parviennent à faire respecter les temps de paroles de chacun, à nous ordonner l’indignation, à stopper la logorrhée des Français, à calmer le chaud du sang des Italiens, à minimiser les syndicalistes Américains ou à modérer le communisme des étudiants mexicains qui ont découvert Trotski la semaine passée…
Elles président l’assemblée familiale comme des reines. Les deux mamies ont l’habitude de ce boucan. Elles ont plus d’une assemblée dans le corps. Avec une fermeté presque sensuelle, elles parviennent à discipliner l’indisciplinable. Elles sont terriblement belles. Je dirais même qu’elles sont sexy. Elles font un travail remarquable, à bout de voix, pour que nous accouchions de résolutions conséquentes avant la nuit. On dirait qu’elles en font un enjeu de vie ou de mort. Mais elles nous appellent chéri, darling, corazon.
Je repense à mon ami Stéphane Imbeault, prof de philo au cégep de Rimouski. Lui, il saurait me dire. Que font-elles ici, ces mamies joufflues Stéphane ? Elles doivent pourtant être bien à la maison, sur les hauteurs de Rio ou de Sao Paulo, emmitoufflées dans leurs exceptionnelles exceptions. Or, leur cœur penche pour l’avalé des avalés. Pourquoi ?
Je suis certain que tout le monde se fixe des objectifs en les regardant. Comme moi, tout le monde doit se demander s’ils en font assez, s’ils le font avec assez de détermination ou alors avec assez d’amour… Pour ma part, autant les récits héroïques des paysannes qui portent le Mali à bout de bras m’inspirent le combat jusqu’à la fin des temps… autant ces deux mamies brésiliennes nées dans le même confort que moi me forcent à me mettre en marche. Elles sont la poursuite des Lumières. Elles sont en quelque sorte l’incarnation des poèmes de Neruda, de Withman ou de Darwich. Elles incarnent la cohérence humaniste. La droiture nécessaire, essentielle à cette époque. Je suis un fan fini de ces mamies. Je les suivrais n’importe où.
Il faut bien le dire, en ce moment, dans les Forces, tout le monde rêve d’être Brésilien. On dirait qu’ils ont pris de l’avance sur l’humanité. Comme les Boliviens d’ailleurs. Au FSM de Dakar, on parle beaucoup brésilien et espagnol dans les rues. Comme si ces langues de charme permettaient d’inverser l’histoire. L’Amérique latine de Morales, de Lula et des deux mamies y est pour beaucoup dans ce mouvement altermondialiste. C’est elle qui a accueilli la plupart des grandes manifestations internationales du mouvement et qui a accouché des premières victoires… Peut-être qu’aux prochains Forums, nous voudrons tous parler arabe ?!
10 ans d’amour planétaire
Voilà donc plus de 10 ans que notre famille bipolaire se fréquente. 10 ans que notre union stratégique d’artificiers Nord-Sud fait sauter des murs et bâtit des ponts. Sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop, je marche dans cette foule de gens venus de 130 pays et je me demande qui peut revendiquer une aussi belle famille que la nôtre, plus complète ? Désormais composée de chefs d’États d’Amérique du sud, de paysans burkinabés, de soixante-huitards qui n’ont jamais renoncé, de jeunes suédoises écolos en jeans bio, de parias indiens et de moins que rien africains, de militants broches à foins des quatre coins, de rastaquouères de la côte ouest américaine, de réfugiés politiques, d’intellectuels à la hauteur, d’universitaires courageux et de poètes ?
C’est certain ; si Victor Hugo, Simone de Beauvoir, Gandhi, Léo Ferré, Malcom X, Rosa Park ou Hannah Arendt vivaient encore, ils seraient avec nous, ici, en train de fomenter, au sein des forces sous marines.
*
Le Forum social mondial est le Noël des altermondialistes, l’occasion de se rasséréner le ponpon-révolution. De célébrer. On y boit ensemble. On porte des toasts à des choses impossibles, comme le renversement des dictatures immuables, par exemple. Et puis soudain, comme par magie, à l’autre bout du monde, les révolutions se font simultanément. Au dernier jour du FSM de Dakar, une foule réunie pour entendre les conclusions des tables de convergeance du forum, a appris en direct le départ d’Hosni Moubarak du palais présidentiel égyptien. À côté de moi, deux vieux paysans du Maghreb sont tombés à genoux. Je les ai vu pleurer, la tête plongée dans leurs mains caleuses de travailleurs. Pleurer et finalement s’embrasser. Enfin.
Sur le moment, il nous a semblé qu’un parfum de jasmin traversait le monde entier. Il nous a semblé que toutes les révolutions à faire étaient possibles. J’ai entendu l’élue des verts au parlement européen, la franco-norvégienne Eva Joly s’écrier : « 50 ans de néolibéralisme économique, c’est très peu. La parenthèse achève ! »
Tunis-Dakar-La Paz
Parmi nous se trouvaient des centaines de jeunes tunisiens et égyptiens pour rappeler que les forces sous marines de chez eux, réunies et alimentées depuis 2004 par les forums régionaux, ont joué un rôle central dans la mise au monde de leurs révolutions. Incidemment, Evo Morales s’est aussi présenté ici comme un « élève des forums sociaux ». Lula Ignacio Da Silva dira la même chose.
Les forces sous-marines avancent. Il faut célébrer quand les choses avancent. Il faut être capable de le voir. C’est important pour le moral des peuples, le moral des majorités. Les Brésiliens ont compris cela. Ils savent se réjouir. Les forums sociaux servent aussi à goûter l’arak, les mojitos et les shooters au gingembre équitable. On se rassure, on se pince, on se touche. On existe vraiment. Et on est sacrément nombreux et puissants. Le feu est bien vivant. Il vient de loin et s’inscrit dans une histoire, une cohérence.
Cette année est celle où les forces prennent conscience de la profondeur de leur vague. Nous sommes des millions à partager cette conviction très simple ; la richesse matérielle n’est rien, les liens qui nous unissent les uns aux autres sont tout. Comme Thomas Sankara, nous aspirons à quitter ce monde en ne léguant qu’une bicyclette.
Les grandes questions qui nous unissent
L’État ne fait pas son boulot d’État. Le privé avance et son emprise n’est pas une bonne idée. Globalement, les paysans s’appauvrissent. La Terre aussi. Et nous ne voulons pas cela. L’argent des peuples est dévié par des voleurs en complets vestons dans les paradis fiscaux du grand banditisme. Nous ne voulons pas cela. On pratique une politique de chasse à l’homme honteuse sur les frontières de l’Empire. Les changements climatiques feront sortir les océans de leur lit si on ne change pas nos manières d’occuper la terre. Les grandes compagnies d’extractions se comportent comme des sauvages en Afrique et en Amérique du Sud. Nous ne voulons pas cela. La dette des pays pauvres continue de tenir des peuples entiers dans la misère. La politique d’Israël en Palestine est aussi inacceptable que l’apartheid sud africain. Etc.
Au fond, ce qui nous lie est cette intuition qu’au-delà de la crise avérée d’un modèle de société globalisé, nous vivons une crise de la civilisation. Comment faire pour changer le cap? Comment infuser la politique de nos pays nordiques pour qu’il y ait d’autres Brésil, d’autres Bolivie ? Est-ce que nos petits gestes quotidiens suffisent ? Probablement pas. Mais comme l’a écrit Edgar Morin, qui s’y connaît bien en résistance : « il ne faut jamais minimiser la portée du petit geste ».
À la prochaine fois
Sur le chemin du retour, je croise de nouveau l’Homme blanc en complets gris-MBA. Des Africains en complets gris-MBA les ont reconduits à l’aéroport. De nouveau, ils se sont vendus des porte-avions, des crédits de carbone, des barils de BPC à enfouir, des actions sur la prochaine catastrophe humanitaire. Pendant que nous fêtions, les princes internationaux ont fait des affaires avec les princes locaux. Dans leur langues-marchandises, avec leurs mots-camouflages appris à la même école du cannibalisme et du marketing. Ils se sont une fois de plus échangés ces richesses qui ne leur appartiennent pas.
Ils vont bientôt tenter de nous coloniser les cellules, de nous brader l’ADN, de ranger nos confins inestimables dans des comptes secrets en Suisse si on ne dit rien. Ils vont encore nous prêter à gage, nous engager pour trois générations, nous marcher sur les pieds et sur ceux de nos enfants si on ne dit rien. Ils vont encore profaner l’héritage des anciens et occuper l’espace politique dans nos parlements si on ne dit rien.
Il faut parler. Plus. Occuper l’espace comme des mamies brésiliennes. Je les croise justement sur le tarmac de Dakar, par hasard… Au moment de disparaître dans leur aéronef, elles rigolent encore. Les forces sous-marines montent dans ces avions qui les remènent à Rio, à Montréal, à Londres, à Genève, à Kinshasa, à Delhi. Aujourd’hui déjà, elles ont retrouvé leurs habits quotidiens, à l’ateliers, à l’usine, au parlement, dans leurs studios, leurs rues, leurs agoras.
Et l’histoire du feu se poursuivra. Les révolutions se feront, car les révolutions finissent toutes par se faire. (Et chaque fois, les forces sous-marines y seront pour quelque chose). Rendez-vous à Montréal, en 2013 ?
Hugo Latulippe
Le manifeste du déjà vu
23 février 2011
François Legault est fidèle à lui-même et aux idées qu’il a défendu comme Ministre de l’éducation sous le gouvernement Bouchard. Il nous revient avec un axe central dans sa conception des services publics : Il en faut mais encore plus performants. Pour cela, il veut bousculer sérieusement des habitudes qu’il perçoit comme corporatistes et des conventions collectives trop contraignantes à ses yeux. Ses recettes sont largement inspirées en cette matière d’expériences étatsuniennes franchement peu convaincantes. Monsieur Legault devrait commencer par convenir que nos écoles publiques manquent singulièrement de ressources humaines pour appuyer des enseignants-es surchargés. De plus, lorsqu’ un enfant sur deux, à Montréal, a besoin d’aide alimentaire à l’école, ne devrions-nous pas comprendre que les inégalités sociales et la pauvreté viennent contrecarrer singulièrement les efforts des professeurs? La question des inégalités sociales, visiblement, ne fait pas partie des préoccupations de monsieur Legault puisque son manifeste ne contient pas une seule ligne sur ce sujet.
Pour le reste, le document apporte une vision défaitiste de la situation québécoise et peu de solutions audacieuses. Il nous propose de renouer avec le goût d’avancer. L’aurions-nous perdu? À mon avis, pas du tout. Si bien des Québécois-es, ces temps-ci, s’élèvent contre des projets économiques c’est bien parce que ceux-ci sont destructeurs au plan environnemental et socialement peu intéressants. C’est le cas des mines à ciel ouvert, des lignes à haute tension d’Hydro-Québec sur des terres agricoles, du projet pétrolier Old Harry dans le golfe St-Laurent, des gaz de schiste. Un nombre grandissant de citoyennes et de citoyens réclament un autre développement, vraiment viable, résolument vert, respectueux des communautés, créateurs d’emplois durables. Les gens sont en colère et le manifestent. On voit apparaître de plus en plus de comités locaux qui se regroupent dans des cadres informels, utilisant le web comme mode de réseautage. Voilà qui est très prometteur!
Je ne partage pas le défaitisme de François Legault. Ni sa volonté de passer à autre chose en affirmant que la question de l’avenir politique du Québec n’est plus à l’ordre du jour. Un peu d’audace et de persévérance, que diable! Nous ne sommes pas à la toute veille d’un changement constitutionnel majeur mais ce n’est pas une raison pour cesser d’en débattre avec nos concitoyens-nes! À Québec solidaire, nous mettons en avant une nouvelle façon d’avancer dans la réflexion sur le Québec que nous voulons : une assemblée constituante, un moment d’intense réflexion sur le statut politique du Québec et un projet de constitution.
Et puis, comment nous assurer de protéger la langue française dans un Québec fortement minorisé au sein de la Fédération canadienne? Un Québec qui subit les assauts de la mondialisation, en particulier dans des milieux de travail qui s’anglicisent à grands pas? Le gouvernement d’un Québec indépendant et complètement maître de ses politiques linguistiques ne réussirait-il pas mieux à valoriser le français partout?
Enfin, même si François Legault n’aime pas se faire dire qu’il est à droite de l’échiquier politique, son jupon dépasse lorsqu’il propose que l’État québécois établisse un climat résolument favorable aux investissements privés. Moi qui croyais que le Québec était déjà le paradis des investisseurs! Et qu’il faut surtout exiger davantage de nos grandes entreprises, elles qui paient si peu d’impôts et de redevances dans le cas des minières. Décidément, François Legault et moi ne faisons pas la même lecture de la réalité.
Ce manifeste est-il donc inutile? Je ne le crois pas. Il amène plusieurs acteurs politiques à se situer. C’est ainsi qu’aujourd’hui, 23 février, dans un quotidien de Montréal, Pauline Marois dit retrouver dans le manifeste « les orientations que nous avons défendues déjà depuis longtemps comme gouvernement » pendant que Marc Laviolette et Pierre Dubuc du SPQ-libre, considèrent le modèle économique prôné par François Legault comme néolibéral. Intéressant! Aurions-nous là une confirmation de ce que plusieurs d’entre nous pensons depuis longtemps: le Parti québécois, quoique traversé par des courants progressistes, s’inscrit depuis nombre d’années dans la logique néolibérale d’un État minceur et d’une économie dérèglementée.
Où se trouve donc le vrai changement, celui que beaucoup de Québécois-ses appellent de tous leurs vœux? À Québec solidaire. Un parti qui ne louvoie pas, qui affirme clairement ses couleurs, qui propose un Québec vert et juste dans le cadre d’un État souverain à construire dès maintenant.
Françoise David
Égypte, Tunisie, Algérie, même combat!
13 février 2011
Joie et détermination. Voilà les sentiments qui s’exprimaient cet après-midi, 12 février, lors d’une marche réunissant des centaines de Québécois-es d’origine tunisienne, égyptienne, algérienne, marocaine et autres. Amir et moi étions présents pour témoigner de notre solidarité et de notre affection à tous ces gens à la fois heureux, combatifs et inquiets.
Heureux car dans deux pays, des jeunes et des moins jeunes ont vaincu leur peur et forcé des dictateurs à « dégager ». Tous les espoirs semblent permis pour la suite des choses, non seulement chez-eux mais dans des pays voisins.
Combatifs : c’était le plus beau. Nos compatriotes d’Afrique du nord et du Proche-Orient sont déterminés à soutenir celles et ceux qui, dans leur pays d’origine, continuent de se battre pour la liberté
Inquiets car rien n’est acquis. Une fois les manifs terminées, les peuples craignent de se faire voler leur révolution. Il y a effectivement de quoi être inquiet et parions que leur vigilance sera extrême.
À la fin de la marche, Amir et moi avons adressé quelques mots aux personnes présentes. Nous les avons remerciés puisque les gens de leurs pays en lutte nous inspirent pour nos propres combats. De voir des populations entières dans la rue peut donner des idées, non? Nous les avons aussi assurés d’un soutien indéfectible car leur lutte pour la démocratie, la justice et la liberté est exemplaire.
De retour chez-moi je ne peux m’empêcher de penser à tout ce que j’ai lu et entendu depuis septembre 2001 sur les populations arabo-musulmanes. Combien de fois ai-je répété qu ‘on peut être musulman sans être extrémiste? Combien de fois ai-je dit que ces peuples d’Afrique du nord – qu’au fond, nous connaissons peu et mal- rêvaient sans doute de liberté et de justice autant que nous? Ne sont-ils pas en train de prouver au monde qu’ils sont prêts à donner leur sang pour la démocratie, la liberté d’expression, la lutte contre la corruption, etc. Se pourrait-il qu’enfin nous les regardions avec plus de respect, sur la base d’analyses un peu plus subtiles et justes?
Une belle journée, vraiment!
Françoise David
L’appel du MNRQ: pour moi et pour Québec solidaire c’est non!
26 janvier 2011
Ainsi Jean-Roch Villemaire du MNRQ appelle à boycotter la boutique le Marcheur samedi prochain. Qu’est-ce que le Mouvement national révolutionnaire québécois? Un groupuscule d’extrême-droite qui écrit des choses aussi insensées que (voir sur le site Vigile) : « Il est indispensable de fermer les frontières à l’immigration de masse ». Jean-Roch Villemaire invoque aussi le droit du sang et rejette le droit du sol. En clair, vous êtes nés au Québec ou bien vous avez immigré ici, mais avez la peau foncée, vous n’êtes pas les bienvenus. Il utilise aussi l’expression : la bourgeoisie « cosmopolite ». Toutes ces idées et expressions sont inspirées de l’idéologie nazie de l’Allemagne hitlérienne.
Nous ne buvons pas de cette eau-là. Elle est nauséabonde et pue l’antisémitisme et le racisme. Il y a cinq ans, quand j’ai décidé, avec des milliers de militantes et militants, de me lancer en politique et de fonder un parti, c’était pour, entre autres, combattre tout racisme, toute xénophobie et toute intolérance. Je n’ai pas changé d’idée. J’appelle les mouvements sociaux et nationalistes à dénoncer les idées prônées par le MNRQ et à refuser de poser tout geste qui permettrait de croire un seul instant que ce groupe trouve des appuis dans la population et chez les militants-es progressistes.
Françoise David
À la veille des Fêtes
22 décembre 2010
En fin de semaine dernière, j’ai fait de la raquette. Le temps était maussade mais la forêt magnifique. Juste de voir les sapins croulant sous la neige et les pistes de chevreuils s’enchevêtrant entre les arbres, m’a mis le cœur en fête.
Pour ne rien vous cacher, j’aime le temps des Fêtes. À cause du plaisir de jouer dans la neige. Parce que je vais voir ma famille. À cause aussi des quelques jours que je pourrai passer avec enfants et petits-enfants. Quoi de plus réconfortant que les câlins de Zoé et Antoine?
Je sais, le monde va mal et la planète est en danger. Justement. Entre deux luttes, deux actions ou expression d’opinions bien senties, on a besoin (j’ai besoin, en tout cas…) de revenir au sens de tout ce branle-bas de combat. Besoin de tripper avec celles et ceux que j’aime, de vibrer aux splendeurs d’une nature menacée, de prendre tout simplement le temps de vivre autrement qu’au rythme politique.
Je vous le souhaite aussi. Avec un bon livre et de la musique. Je vous recommande chaudement Les années d’Annie Ernaux, l’un des plus beaux livres de 2010. Et puis Vent du nord symphonique pour les amants-es du trad.
Heureuses Fêtes!
Françoise
Deux ans plus tard…
10 décembre 2010
Voilà deux ans que Québec solidaire a connu une première vraie victoire: l’élection d’un député solidaire dans Mercier. Cette soirée inoubliable était le prélude à de belles années pour notre parti. Amir a accompli un travail considérable à l’Assemblée nationale. Ses sujets préférés : les mines et autres ressources naturelles, la santé, la corruption, le mode de scrutin. Il a aussi à cœur l’égalité entre les femmes et les hommes et en parle souvent. Encore dernièrement, dans le cas du manque de maisons de naissance. Haut en couleur, sans langue de bois, il fait le délice des journalistes et de toutes celles et ceux qui suivent l’actualité.
Pendant qu’Amir travaille à Québec et dans son comté, je suis active dans plusieurs dossiers et présente dans des coalitions et autres regroupements sur le terrain. Les gaz de schiste n’ont presque plus de secret pour moi de même que l’exploration pétrolière à Old Harry dans le golfe St-Laurent. J’ai participé à plusieurs événements autour de la défense de la langue française. Coordonné un comité sur la laïcité. Travaillé sur le manifeste sur la crise et effectué une tournée à l’hiver 2010 sur le budget Bachand et les propositions de QS. Participé à plusieurs événements lors de la Marche mondiale des femmes cet automne.
Tout ce travail, plus celui de plusieurs associations Solidaires dans différentes régions, porte fruit. Les intentions de vote envers QS sont montées de 4% à 10% à plusieurs reprises dans l’année qui s’achève. Le défi? Transformer ces intentions en votes réels et pour cela, intensifier notre action politique et citoyenne à l’Assemblée nationale et sur le terrain. Être de tous les combats. Parler aux gens, convaincre d’enfin voter avec leur cœur : à gauche!
C’est le travail qui nous attend en 2011. Avec ses associations, Québec solidaire peut y arriver.
Pourquoi ne pas profiter des retrouvailles des Fêtes pour inviter vos familles et amis-es à devenir membres de QS? Ce serait un beau cadeau à un parti qui le mérite, je crois!
Joyeuses Fêtes!
Françoise David
Lundi prochain aura lieu l’élection partielle dans cette belle région du Québec. La candidate libérale, bien connue, est en danger car les gens sont pas mal tannés du gouvernement Charest. Le PQ et l’ADQ tentent d’arracher aux Libéraux ce comté qu’ils dirigent depuis 30 ans. Et Québec solidaire, avec le candidat Serge Proulx, travaille très fort pour se faire mieux connaître et susciter l’adhésion de la population.
Je suis allée dans la région en début de semaine. Des gens m’ont demandé : pourquoi voter pour Serge Proulx, le candidat de Québec solidaire? Je leur ai répondu : pour envoyer un message important, celui du besoin d’une alternative progressiste, novatrice, audacieuse, portée par un parti à l’intégrité sans faille. Plus concrètement, pour défendre une agriculture verte, des services publics accessibles à toutes et tous partout dans la région et davantage de pouvoirs pour les MRC et les municipalités.
Alors, le 29 novembre, s’il vous plaît, allez voter! Et votez pour le candidat solidaire qui représente le progrès social et un avenir écologique pour le Québec.
Françoise David
Les tomates vertes et la démocratie
19 novembre 2010
Depuis plus d’un mois, une dizaine de tomates vertes trônaient sur le bord de ma fenêtre de cuisine. Chaque jour, je guettais l’apparition de la couleur orange. Rien… Mais cette semaine, au moment où j’allais les foutre dans un ketchup, l’orange fait son apparition! Aujourd’hui, mes tomates sont mûres. Comme bien des Québécoises et des Québécois qui veulent maintenant un grand ménage à l’Assemblée nationale!
Ce qu’il en faut de patience, avant de réaliser un défi, de gagner une lutte, de changer la politique! En palpant mes tomates, je pensais à l’Assemblée nationale et à la fureur qui l’habite depuis quelque temps. Arrivera-t-on à obliger Jean Charest à démissionner ou à déclencher une enquête publique? Plus profondément, pourrons-nous modifier les règles du jeu afin de restaurer une véritable démocratie?
Il y a cette pétition qui nous signifie le ras-le-bol de milliers de Québécois-es. Mais ce ne sera pas suffisant pour aller au bout de nos rêves et de nos espoirs. Pour cela, il faudra un vaste mouvement citoyen, des mobilisations monstres, des changements véritables au mode de scrutin et au financement des partis politiques.
Si on commençait par se rendre à la manifestation du 23 novembre à Montréal? Ça se passe à midi devant le 500 boulevard René-Lévesque Ouest. D’autres manifs sont organisées dans plusieurs régions. Voyez le site de la Coalition contre les privatisations et les tarifications.
Si on s’y mettait?
Françoise David
Hier, Omar Khadr a plaidé coupable à plusieurs accusations graves alors qu’il avait toujours clamé son innocence. Pourquoi ce revirement? Parce que c’était le seul moyen de sortir de Guantanamo un jour et d’espérer un rapatriement en sol canadien.
Le gouvernement canadien est totalement fautif face à l’emprisonnement de cet enfant-soldat dont le tort a été d’obéir à un père qui le traînait dans des milieux guerriers. A-t-il ou non jeté une grenade sur un soldat américain? On ne le saura peut-être jamais. C’était et c’est encore la guerre en Afghanistan. Un jeune de 15 ans, grièvement blessé, (la CBC l’a démontré) s’est peut-être défendu contre ceux qu’il percevait comme des envahisseurs. L’important n’est pas là.
L’important c’est qu’il avait 15 ans et que le Canada a signé la convention internationale sur les enfants-soldats. On comprend que, désormais, le gouvernement de Stephen Harper n’aura aucun respect pour la signature du Canada relativement à divers traités internationaux. Je suppose que c’est ça que Harper appelle « agir selon ses principes »? Voilà l’excuse qu’il a donnée lorsque le Canada n’a pas obtenu le siège tant convoité de membre du Conseil de sécurité de l’ONU.
Et maintenant? Je pense que nous avons une responsabilité morale envers Omar Khadr, citoyen canadien et enfant-soldat. Celle de nous regrouper autour d’un objectif clair et atteignable : obtenir son rapatriement le plus vite possible au Canada. À ce titre, le mutisme des autres partis politiques québécois est étonnant. Étant donné qu’Amnistie internationale travaille dans ce dossier depuis plusieurs années, nous les encourageons à soutenir leur démarche!
Toutes et tous avec Amnistie!
Françoise David
Exceptionnellement, je voulais vous partager le petit communiqué émis par Québec solidaire sur le dénouement heureux de la mine chilienne:
Malgré le fait que les opérations de sauvetage ne soient pas terminées, Québec solidaire partage le bonheur des mineurs chiliens, de leurs familles et de l’Association des Chiliens du Québec (ACHQ) qui était réunie hier pour suivre en direct ce début de dénouement heureux.
« Après le tremblement de terre terrible de février dernier et la situation singulière des 33 mineurs , les Chiliennes et les Chiliens ont démontré toute leur solidarité. Au-delà de la prouesse technique admirable que représente cette opération de sauvetage, j’aimerais surtout saluer le courage et la détermination des mineurs eux-mêmes qui ont fait preuve d’une grande solidarité au cours des interminables semaines passées sous terre. Au pays de Salvador Allende, la solidarité a encore de beaux jours devant elle », déclare Françoise David, présidente et porte-parole de Québec solidaire.
