Les tomates vertes et la démocratie
19 novembre 2010
Depuis plus d’un mois, une dizaine de tomates vertes trônaient sur le bord de ma fenêtre de cuisine. Chaque jour, je guettais l’apparition de la couleur orange. Rien… Mais cette semaine, au moment où j’allais les foutre dans un ketchup, l’orange fait son apparition! Aujourd’hui, mes tomates sont mûres. Comme bien des Québécoises et des Québécois qui veulent maintenant un grand ménage à l’Assemblée nationale!
Ce qu’il en faut de patience, avant de réaliser un défi, de gagner une lutte, de changer la politique! En palpant mes tomates, je pensais à l’Assemblée nationale et à la fureur qui l’habite depuis quelque temps. Arrivera-t-on à obliger Jean Charest à démissionner ou à déclencher une enquête publique? Plus profondément, pourrons-nous modifier les règles du jeu afin de restaurer une véritable démocratie?
Il y a cette pétition qui nous signifie le ras-le-bol de milliers de Québécois-es. Mais ce ne sera pas suffisant pour aller au bout de nos rêves et de nos espoirs. Pour cela, il faudra un vaste mouvement citoyen, des mobilisations monstres, des changements véritables au mode de scrutin et au financement des partis politiques.
Si on commençait par se rendre à la manifestation du 23 novembre à Montréal? Ça se passe à midi devant le 500 boulevard René-Lévesque Ouest. D’autres manifs sont organisées dans plusieurs régions. Voyez le site de la Coalition contre les privatisations et les tarifications.
Si on s’y mettait?
Françoise David
Travailler sans salaire, c’est formidable, non?
12 novembre 2010
Voilà ce que veut imposer aux chômeuses et chômeurs anglais le gouvernement de droite: bénévolat obligatoire sous peine de coupures dans les allocations. Et pendant ce temps, les « corporate welfare bums » continuent d’engranger les profits sans se sentir le moins du monde responsables de la crise économique et des déficits gouvernementaux. Ça m’enrage!
En plus, ce gouvernement coupe dans les allocations logement aux personnes et familles pauvres. Le sinistre ministre anglais du Travail et des Pensions dit ceci (lu dans la Presse) :
« Pendant trop longtemps, les contribuables ont logé dans des quartiers chics des familles qui bénéficient de l’aide sociale ».
Et alors? Il faut absolument que les familles pauvres vivent dans des ghettos et dans des logements insalubres? On croit rêver…
Ce qui m’inquiète, c’est que ça va donner des idées à d’autres. On est tout le temps devant les mêmes préjugés : les pauvres le sont parce qu’ils sont paresseux. Ce sont des profiteurs, des tricheurs. Un bon coup de pied au derrière va régler la question. Au Québec aussi, certains pensent cela et ne se gênent pas pour le dire et l’écrire.
En ce moment, dans mon quartier, des organismes qui travaillent très fort à soutenir des femmes immigrantes dans une démarche d’insertion au travail se retrouvent devant des coupures gouvernementales. Le budget Bachand va faire des victimes, c’est certain. Quel illogisme et surtout quelle inhumanité! Pendant ce temps, les subventions, déductions d’impôt, congés de redevances… aux entreprises québécoises privent l’État de ressources pour lutter contre la pauvreté. Des « corporate welfare bums », je vous dis!
Vous en avez assez? Pourquoi ne pas le dire, l’écrire, marcher avec celles et ceux qui se battent pour un peu de justice? Le 23 novembre, tiens, avec la Coalition contre les tarifications et les privatisations. À midi devant le 500 René-Lévesque ouest (bureaux gouvernementaux).
Françoise David
Jugement Lola: une avancée féministe?
5 novembre 2010
J’ai réfléchi pas mal depuis le jugement Lola. La féministe en moi a hésité un peu : sommes-nous devant un jugement qui infantilise les femmes, celles qui ont choisi de vivre en union de fait ou bien leur donne-t-il enfin un peu de sécurité?
Le débat fait rage dans les médias. Des hommes et des femmes s’insurgent : les femmes sont désormais scolarisées, elles pratiquent divers métiers, elles savent ce qu’elles font en vivant en union libre, pourquoi chercher à leur assurer une pension alimentaire pour elles-mêmes? N’est-ce pas là un jugement archaïque qui ne tient pas compte des nouvelles réalités?
D’autres rappellent que beaucoup de femmes n’ont pas atteint l’égalité malgré des avancées indéniables. Elles gagnent encore environ 72% du revenu des hommes, sont majoritaires parmi les travailleurs-euses à temps partiel, sur appel, au salaire minimum. Au moins 20% des femmes avec des enfants en bas âge restent à la maison et s’en occupent à temps plein. La responsabilité des enfants, malgré une amélioration dans le partage des tâches domestiques, demeure largement féminine. Pourquoi ne pas reconnaître cela par une pension alimentaire en cas de séparation et assurer aux femmes un revenu décent?
Alors, on fait quoi?
Finalement, je pense que ce jugement a le mérite de poser à la société québécoise une couple de bonnes questions :
-Dans une union libre, les conjoints-es sont-ils ou elles responsables du bien-être de leur ex à vie? Est-ce que l’on doit poser la question de la même façon pour un couple qui vit ensemble depuis moins de 3 ou 5 ans que pour les gens qui vivent ensemble pendant 10 ou 20 ans?
-Lorsque nous débattons de cette question, devons-nous tenir compte de la présence d’enfants? Autrement dit, dans un couple vivant en union libre mais n’ayant pas d’enfants en commun, la responsabilité mutuelle doit-elle se poursuivre au-delà d’une rupture?
Je vis en union de fait depuis longtemps. Ce matin, je me suis demandé : me sentirais-je responsable de mon chum s’il arrivait (ce n’est pas du tout prévisible, rassurez-vous!) que l’on se sépare? Ma réponse est oui. Je ne pourrais supporter qu’il vive dans la précarité. On s’est toujours entraidé, le revenu de chacun-e d’entre nous ayant fluctué dans le temps, je ne puis imaginer que l’un ou l’autre vieillisse dans la pauvreté. Ai-je besoin d’une loi pour dicter ma conduite? Non.
Mais j’essaie de m’imaginer un couple qui vit comme moi en union libre depuis longtemps. Ils sont dans la soixantaine, ont eu des enfants qui sont maintenant autonomes. Arrive une séparation. Monsieur gagne un salaire vraiment plus élevé que madame (courant!) ou bien est un jeune retraité avec un bon fond de pension alors qu’elle n’en a pas. On accepterait qu’il la laisse tomber et qu’elle vieillisse dans la pauvreté?
Une autre situation bien plus courante que l’on pense. Un jeune couple dans la trentaine. Ils ont scolarisés tous les deux. Mais son revenu à lui est un tiers plus élevé qu’elle (courant encore une fois) car il travaille dans un domaine où les salaires sont élevés (informatique, plomberie, médecine, courtage, police, etc…). Elle est infirmière, intervenante communautaire, esthéticienne, vendeuse dans un centre d’achat, travailleuse sociale. Ils ont des enfants en bas âge et c’est elle qui reste à la maison quand un enfant est malade. Normal : elle perd moins d’argent quand elle s’absente du travail! Sans compter qu’elle travaille souvent moins de 40 heures par semaine.
Arrive une séparation. Elle recevra sans doute une pension alimentaire pour les enfants. Devrait-elle en recevoir une pour elle? Il me semble que cela se discute si l’on tient compte du fait qu’elle voudrait assurer à ses enfants un niveau de vie comparable à celui qu’ils ont lorsqu’ils sont chez leur père. On devrait aussi tenir compte des responsabilités qu’elle a assumées face à l’éducation des enfants.
Ma position est donc (finalement!) que le jugement Lola devrait amener le législateur québécois à soumettre à la consultation publique un projet de loi qui tienne compte de toutes les nouvelles réalités dans lesquelles vivent les couples d’aujourd’hui :
- Le fait, oui, que la plupart des femmes sont autonomes financièrement…mais avec des revenus bien moins élevés que les hommes dans beaucoup de cas. Y compris chez celles qui ont un diplôme d’études supérieures.
-Le fait que beaucoup de couples vivent en union libre et que la loi doit désormais en tenir compte. Ce n’est plus un phénomène marginal.
- Et finalement, le fait qu’il faut considérer la présence ou non d’enfants encore à la charge des parents, la durée de la relation et l’âge des personnes vivant en couple.
Je sens que nous n’avons pas fini d’en parler!!!
Bonne fin de semaine,
Françoise David
Hier, Omar Khadr a plaidé coupable à plusieurs accusations graves alors qu’il avait toujours clamé son innocence. Pourquoi ce revirement? Parce que c’était le seul moyen de sortir de Guantanamo un jour et d’espérer un rapatriement en sol canadien.
Le gouvernement canadien est totalement fautif face à l’emprisonnement de cet enfant-soldat dont le tort a été d’obéir à un père qui le traînait dans des milieux guerriers. A-t-il ou non jeté une grenade sur un soldat américain? On ne le saura peut-être jamais. C’était et c’est encore la guerre en Afghanistan. Un jeune de 15 ans, grièvement blessé, (la CBC l’a démontré) s’est peut-être défendu contre ceux qu’il percevait comme des envahisseurs. L’important n’est pas là.
L’important c’est qu’il avait 15 ans et que le Canada a signé la convention internationale sur les enfants-soldats. On comprend que, désormais, le gouvernement de Stephen Harper n’aura aucun respect pour la signature du Canada relativement à divers traités internationaux. Je suppose que c’est ça que Harper appelle « agir selon ses principes »? Voilà l’excuse qu’il a donnée lorsque le Canada n’a pas obtenu le siège tant convoité de membre du Conseil de sécurité de l’ONU.
Et maintenant? Je pense que nous avons une responsabilité morale envers Omar Khadr, citoyen canadien et enfant-soldat. Celle de nous regrouper autour d’un objectif clair et atteignable : obtenir son rapatriement le plus vite possible au Canada. À ce titre, le mutisme des autres partis politiques québécois est étonnant. Étant donné qu’Amnistie internationale travaille dans ce dossier depuis plusieurs années, nous les encourageons à soutenir leur démarche!
Toutes et tous avec Amnistie!
Françoise David
J’étais à Gatineau, hier soir. 300 femmes de tous les milieux et âges revendiquent et fêtent leur complicité depuis la Marche de 1995. Une belle soirée!
Je me souviens… Je suis depuis un an présidente de la Fédération des femmes du Québec. Nous sommes le 26 mai 1995. Le soleil brille et 800 femmes, rassemblées dans trois contingents, s’apprêtent à marcher 200 kilomètres de Montréal ou Longueuil jusqu’à Québec. Aussi, de Rivière du loup à Québec. Toutes se retrouveront le 4 juin devant l’Assemblée nationale en compagnie de 20,000 personnes.
La marche Du pain et des roses est une folle aventure. La Fédération des femmes du Québec, que je préside à l’époque, n’a pas d’argent, elle a perdu des membres et peine à se faire entendre. Alors pourquoi ne pas marquer l’imaginaire en choisissant de marcher contre la pauvreté? Pas seulement celle des femmes mais celle aussi des personnes âgées, des jeunes sans-emploi, des itinérants. Les temps sont durs, on sort à peine d’une récession. C’est ainsi que des centaines de femmes marcheront durant 10 jours sur des routes de campagne. Deux cents kilomètres plus tard, elles ont conquis les coeurs et les esprits. Le gouvernement de Jacques Parizeau comprend qu’il doit répondre aux revendications des femmes. Nous réalisons des gains. Il faut dire que nous sommes à 5 mois d’un référendum sur la souveraineté…
La FFQ a désormais le vent dans les voiles, les adhésions affluent, la population la retrouve comme aux premiers jours, en 1966. Comme lors du débat public sur l’avortement dans les années 70. Comme dans la lutte pour le maintien de l’universalité des pensions de vieillesse.
Et vient la Marche mondiale des femmes en l’an 2000.
Au milieu des années 90, la Fédération des femmes du Québec a choisi au cours d’un congrès d’orientation d’être d’abord –mais pas uniquement- la voix des femmes qui n’ont pas de place dans la société, de celles qui, occupées à survivre, ne peuvent envahir les médias ou les arènes politiques : femmes monoparentales, autochtones, immigrantes, handicapées, travailleuses à statut précaire et souvent sous-payées. Le combat contre les inégalités et la pauvreté est difficile dans un contexte où le gouvernement québécois recherche à tout prix ce qu’il appelle « l’équilibre budgétaire ». Il a coupé dans les budgets de l’aide sociale, de la santé et de l’éducation et augmenté au minimum (!) le salaire minimum. Alors, on récidive avec une autre marche mais cette fois, en mobilisant des femmes dans plus de 100 pays. L’aventure est tout aussi risquée qu’en 95. Nous connaissons mal les mouvements féministes des autres pays. Les différences culturelles, linguistiques, organisationnelles, voire religieuses, sont énormes. Et pourtant, nous réussissons. Pourquoi? Parce qu’au-delà des différences et des divergences, les féministes savent s’unir lorsque le bien-être des femmes l’exige. Nous nous rendrons jusqu’à l’ONU pour porter des revendications qui permettraient d’éradiquer les violences envers les femmes et de lutter efficacement contre la pauvreté.
Au Québec, le gouvernement de Lucien Bouchard est obnubilé par sa lutte au déficit. Il apporte des réponses navrantes comme le fameux 10 sous d’augmentation du salaire minimum! La colère des femmes est profonde. Ce gouvernement finira par adopter en 2002 la Loi cadre sur l’élimination de la pauvreté et il reprendra la construction de logements sociaux qu’il avait abandonnée. Trop peu trop tard. En 2003, Jean Charest et le parti libéral sont portés au pouvoir. En 2006 naît Québec solidaire, un parti féministe et de gauche.
Une très longue marche se poursuit.
Elles sont des milliers à parcourir en ce moment-même les routes du Québec en cette mi-octobre frileuse. On dira : encore? Mais n’ont-elles pas atteint l’égalité, ces Québécoises qui ont envahi tous les milieux de travail, sont majoritaires dans les cegeps et forment la moitié du Conseil des ministres?
Je me souviens qu’en 1995 et 2000 nous disions que les Québécoises étaient les championnes du travail précaire, sur appel, occasionnel, à temps partiel. La majorité d’entre elles ne bénéficiaient pas de la Loi sur l’équité salariale. Les coupes dans les services publics alourdissaient leurs responsabilités familiales. Les violences sexuelles ou conjugales de même que le harcèlement en milieu de travail, demeuraient très présents dans la vie de nombreuses femmes. Les femmes immigrantes étaient souvent sous-payées et confinées à des emplois dévalorisants. Les femmes autochtones subissaient plus que toutes les autres le fardeau d’une pauvreté immense assortie de problèmes sociaux dévastateurs. Cela a-t-il tant changé?
Malheureusement pas. Bien sûr, il y a les congés parentaux et les services de garde à 7$ par jour. Mais oui, des femmes se trouvent maintenant à œuvrer en milieu traditionnellement masculin et sont bien payées. MAIS :
L’abolition par le gouvernement Charest de la commission de l’équité salariale!
Les trop faibles prestations à l’aide sociale!
Les coupes dans les services publics qui se multiplient!
Les travailleuses (75%) des organismes communautaires à qui l’on demande d’accomplir des miracles sans qu’elles soient rémunérées convenablement!
Les violences qui n’en finissent pas!
Les aidantes dites « naturelles » qui n’en peuvent plus de prendre soin des malades sans soutien de l’État!
Les services de contraception et d’avortement peu disponibles, les femmes enceintes qui cherchent désespérément un soutien médical!
Les infirmières qui réclament des conditions de travail acceptables dans le réseau public!
On n’a pas fini de marcher! Il y a tant à gagner encore pour les femmes et pour un Québec de justice et d’égalité pour toutes et tous! Le gouvernement libéral a pourtant choisi la semaine dernière de voter contre une motion présentée par le député de Québec solidaire et qui appuyait des revendications portées par la Marche mondiale des femmes 2010. Cette semaine, il semble bien que la Ministre de la condition féminine soit invisible. Ce gouvernement réalise-t-il que les femmes (la moitié de la population!) sont maintenant et pour toujours des actrices incontournables de la scène publique, sociale et politique? C’est un pensez-y bien, monsieur Charest!
Mes amies, mes amis, toutes et tous à Rimouski dimanche!
Françoise David
Marcheuse en 1995 et 2000
Exceptionnellement, je voulais vous partager le petit communiqué émis par Québec solidaire sur le dénouement heureux de la mine chilienne:
Malgré le fait que les opérations de sauvetage ne soient pas terminées, Québec solidaire partage le bonheur des mineurs chiliens, de leurs familles et de l’Association des Chiliens du Québec (ACHQ) qui était réunie hier pour suivre en direct ce début de dénouement heureux.
« Après le tremblement de terre terrible de février dernier et la situation singulière des 33 mineurs , les Chiliennes et les Chiliens ont démontré toute leur solidarité. Au-delà de la prouesse technique admirable que représente cette opération de sauvetage, j’aimerais surtout saluer le courage et la détermination des mineurs eux-mêmes qui ont fait preuve d’une grande solidarité au cours des interminables semaines passées sous terre. Au pays de Salvador Allende, la solidarité a encore de beaux jours devant elle », déclare Françoise David, présidente et porte-parole de Québec solidaire.
Une troisième voie, vraiment?
8 octobre 2010
Cette semaine, la rumeur s’est mise à enfler : un nouveau mouvement politique va voir le jour. Il deviendrait parti politique et proposerait une troisième voie à la population québécoise. François Legault et Joseph Facal en seraient les initiateurs.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle éventualité est évoquée. Cette fois-ci serait-elle la bonne? Faisons comme si…
Un nouveau parti, ni fédéraliste ni souverainiste, ni totalement à droite ni (évidemment!) de gauche voit le jour. Il se dit de centre-droit et se refuse à adopter une position sur l’avenir constitutionnel du Québec. Mais alors, qu’a-t-il tant à dire? Pourquoi un nouveau parti politique?
Supposément parce qu’il faut enfin parler des « vraies affaires » : la dette, le manque de productivité des travailleurs québécois (on ne travaille pas assez, selon Lucien Bouchard!),la création de la richesse, la diminution du rôle de l’État, la privatisation des services de santé, etc. Mais n’ai-je pas déjà entendu cela quelque part? Entre autres, au PLQ, à l’ADQ, à l’Institut économique de Montréal?
Ça fait des années qu’on nous bassine avec ces idées. Une grosse crise économique plus tard, il me semblait que le temps était venu de parler d’autre chose : des profits honteux des minières, de l’absence de redevances dignes de ce nom sur l’eau et les autres ressources naturelles, de la protection de l’environnement, de l’abandon de nos personnes âgées, de la précarité du travail, de la non-reconnaissance du travail des femmes, de l’accroissement des inégalités de revenus et de tant d’autres choses.
Alors, une troisième voie, vraiment? Celle-ci existe déjà et elle s’appelle Québec solidaire. Cela dit, si le mouvement de messieurs Legault et Facal voit le jour, eh bien nous serons présents dans le débat d’idées qui continuera au Québec.
Françoise David
Le gaz de la colère
29 septembre 2010
Des centaines de citoyennes et citoyens en colère dans une salle trop petite pour les contenir tous, une climatisation déficiente, le grand manitou des gaz de schiste, André Caillé, qui s’éclipse durant la moitié de l’assemblée sous prétexte qu’il y a trop de tension dans la salle, des réponses grandiloquentes et vides à des questions précises et pertinentes…voilà la soirée que je viens de passer à St-Hyacinthe.
Il est minuit et je ne m’endors pas, galvanisée par ce que j’ai vu ce soir. Quelque chose de beau s’est passé : une population inquiète, à qui on ne peut plus raconter n’importe quoi, a décidé de se lever et de contester haut et fort ses élites économiques et politiques. On a entendu quelques gros mots. Mais surtout on a applaudi à tout rompre Christian Vanasse, zapartiste et conseiller municipal de St-Jude, qui a demandé : « Puisque le gouvernement du Québec, après deux ans d’études assorties d’un moratoire, a décidé de ne pas permettre l’exploration et l’exploitation pétrolière et gazière dans le St-Laurent, pourquoi n’autorise-t-il pas un moratoire sur les gaz de schiste? Les humains seraient-ils moins importants que les bélugas? »
On a applaudi tout autant la citoyenne qui a demandé comment elle ferait pour assurer sa maison. Et celui qui était inquiet pour la nappe phréatique. Et l’autre qui réclamait la nationalisation de l’industrie gazière. Et celle qui disait que l’on devrait commencer par envisager des énergies alternatives. Les gens étaient informés, conscients. Ils n’avaient pas confiance en l’industrie du gaz ni en le gouvernement de Jean Charest. Ils réclamaient un moratoire et une réflexion approfondie sur la nécessité-même du gaz de schiste au Québec. Comme ils avaient raison!
Quelque chose m’a frappée dans l’assemblée de St-Hyacinthe. On n’a pas vu les figures de proue habituelles, les André Bélisle et Daniel Breton. Les personnes qui sont allées au micro habitaient la région et craignaient pour leurs maisons, leurs terres, leurs villages, leurs routes. Elles ont répété : « Nous sommes des gens ordinaires et nous avons des questions et des commentaires. Nous voulons de vraies réponses et pas nous faire endormir » Comment un gouvernement pourra-t-il résister à cette marée humaine qui a choisi de se tenir debout?
C’est vraiment la déroute pour l’Association gazière et pétrolière du Québec. Son message ne passe pas. Celui de Nathalie Normandeau non plus. Rien ne va plus pour tous ceux et celles-là qui ont choisi de brader le sous-sol du Québec pour satisfaire les intérêts de quelques-uns.
Comment ne pas être fière de mon peuple ce soir? Comment ne pas croire que tout est possible lorsque nous sommes nombreux et organisés? Cette bataille-là, nous la gagnerons!
Françoise David
Registre des armes à feu : victoire!
23 septembre 2010
Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais hier soir, au moment du dévoilement des résultats, j’ai bondi sur mes pieds et j’ai applaudi toute seule dans mon salon. Enfin!
Cette victoire à l’arraché nous apprend une fois de plus que la mobilisation citoyenne peut faire la différence. Plusieurs groupes se sont battus pour le maintien du registre. En particulier le mouvement des femmes, au Québec et dans le reste du Canada. Bravo à toutes celles qui ont pris le temps de participer aux campagnes de lettres.
Deux points à noter : 11 députés conservateurs du Québec ont voté contre le registre. Il faudra leur rappeler lors des prochaines élections fédérales. Deux : plusieurs députés du NPD ont aussi voté contre le registre ce qui est désolant pour un parti social-démocrate. Par contre, il faut signaler que les efforts de Jack Layton ont porté fruit puisque quelques députés de son parti ont finalement voté pour le registre et ont ainsi permis cette victoire féministe dont nous réjouissons.
J’espère que c’est le commencement de la fin pour les Conservateurs. Il faut en finir avec ce gouvernement rétrograde. On s’en occupera lors des prochaines élections!
Françoise David
Pour l’amour et l’avenir de la langue française
16 septembre 2010
Samedi le 18 septembre aura lieu à Montréal une soirée politico-artistique pour soutenir le combat contre le projet de loi 103. Organisée par la Coalition contre la loi 103, cette soirée vise à rassembler des milliers de personnes décidées à se battre pour conserver la langue française au Québec.
La loi 103 du gouvernement Charest n’empêchera pas les parents francophones ou allophones d’utiliser le passage de leur enfant dans une école anglaise non-subventionnée afin, par la suite, de leur faire suivre toutes leurs études en anglais dans le système public anglophone. Le projet de loi rend la chose un peu plus difficile mais toujours accessible aux parents fortunés.
Québec solidaire fait partie de la Coalition contre la loi 103. Parce que nous refusons les passe-droits à des familles aisées. Parce que le devenir de la langue française nous interpelle. Parce que nous tenons à ce que nos enfants et petits-enfants vivent ici en français. Nous le devons bien à tous ceux et celles qui se sont battus, depuis des centaines d’années, pour que survive le français en terre d’Amérique. Pour nous, la diversité culturelle est l’une des richesses de l’humanité. Le peuple québécois s’est largement développé en français, sa culture en est imprégné, c’est dans cette langue qu’ont fleuri des poèmes, des chansons, des livres, des manuels scolaires, des discours inoubliables.
Vous voulez vivre en français ? Venez en grand nombre au centre Pierre-Charbonneau, à Montréal, ce samedi à 19.30 hrs.
Nous pourrons nous y rencontrer !
Françoise David
