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	<title>Commentaires sur : Lettre à Dany Laferrière</title>
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		<title>Par : Richard Langelier</title>
		<link>http://www.francoisedavid.com/2010/03/lettre-a-dany-laferriere/comment-page-1/#comment-806</link>
		<dc:creator>Richard Langelier</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 03:47:39 +0000</pubDate>
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		<description>Bonjour Françoise,
Par hasard, je suis tombé sur le concours du meilleur film québécois à l&#039;émission de Marie-France Bazzo à la télé, l&#039;an dernier, je crois. Je n&#039;avais pas saisi ce principe du vote stratégique. Tu viens de l&#039;expliquer clairement. Je me retiens de faire une longue digression sur notre mode de scrutin. «Les bons débarras» avait été éliminé par un vote stratégique, alors que ce scénario de Réjean Ducharme et le jeu de Charlotte Laurier et Marie Tifo me font vibrer lorsque je le revois pour la 20e fois à la télé. 

Après l&#039;adolescence, j&#039;ai lu peu de romans. Par contre, lorsqu&#039;un film que j&#039;apprécie est une adaptation d&#039;un roman, je cours à la bibliothèque. Je suis toujours agréablement surpris par la richesse de la psychologie des personnages [1].

La dernière gagnante de La course autour du monde (mon vieux cerveau souffre d&#039;amnésie) avait terminé sa course à Haïti. Elle est née au Québec de parents haïtiens qui lui ont appris le créole. Évidemment l&#039;Haïti qu&#039;elle avait vu ne correspondait pas à celui qu&#039;elle avait imaginé à partir des souvenirs de ses parents.

Je suis d&#039;abord une bête politique. Ce que j&#039;ai vu dans L&#039;insoutenable légèreté de l&#039;être de Kundera, c&#039;était le Printemps de Prague et la «normalisation». Ce que j&#039;ai vu dans les romans précédents lorsqu&#039;ils étaient disponibles à la Bibliothèque municipale de Montréal, c&#039;était le stalinisme.

Lorsque Pierre Bourdon a appris qu&#039;il souffrait de la sclérose en plaques, il a dit à un journaliste du Devoir qu&#039;il lisait un roman par jour depuis l&#039;adolescence. Après avoir fait ses lectures de cours et lu des   dossiers du matin au soir lorsqu&#039;il était sur l&#039;exécutif de l&#039;Association des étudiants de l&#039;Université de Montréal, ses dossiers comme conseiller syndical, ses dossiers comme député, il lui était essentiel de lire un roman par jour. Réaliser qu&#039;il avait de la difficulté à lire une page a été évidemment un choc terrible...

Je réserve de ce pas L&#039;énigme du retour. Je n&#039;ose pas dire que c&#039;est grâce à toi. Je ne veux pas dévoiler le secret ministériel, mais dans le premier jet de «Bien commun recherché», tu t&#039;étais attardée à critiquer Denys Arcand, non pas contre «Les invasions barbares» mais contre ses interventions répétées contre le système de santé québécois. Esther t&#039;avait dit: «lâche-le don&#039;». «Je n&#039;ai pas le choix, je suis la seule». Tout allait bien puisque mes finances ne me permettaient plus d&#039;aller au cinéma et que ma cheuffe m&#039;interdisait d&#039;aller voir ce film. En zappant samedi soir, j&#039;ai vu la dernière scène à Radio-Can, après 10 minutes de pub. La bête politique se réveille: «comment acceptons-nous des pubs lors d&#039;un film?» [2]

Je sais que je dégusterai L&#039;énigme du retour. Au Parti communiste français aussi, on savait avant d&#039;avoir lu. Mais «Cé comme Corbeil, cé pas pareil». Frenchie Jarraud fait hélas partie de ma culture «canayenne-française». 
- Patience, mon gars, la nuit viendra, pour t&#039;reposer de cette vie-là, chantait Léveillée dans Le chauffeur de taxi.

[1] L&#039;exception étant Le crime d&#039;Ovide Plouffe dont Denys Arcand a fait un petit bijou, alors que le roman est, on ne peut plus fade. Les commentateurs du roman Les Plouffe avaient dit avec raison que Roger Lemelin avait dépassé les études sociologiques sur la famille canadienne-française. Il s&#039;est pris pour un sociologue des origines de la Révolution tranquille en rédigeant Le crime d&#039;Ovide Plouffe.

[2] La présentation des Enfants du refus global de Manon Barbeau que de nombreuses personnes avaient critiqué sans l&#039;avoir vu était aussi interrompue par des pubs toutes les dix minutes.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour Françoise,<br />
Par hasard, je suis tombé sur le concours du meilleur film québécois à l&#8217;émission de Marie-France Bazzo à la télé, l&#8217;an dernier, je crois. Je n&#8217;avais pas saisi ce principe du vote stratégique. Tu viens de l&#8217;expliquer clairement. Je me retiens de faire une longue digression sur notre mode de scrutin. «Les bons débarras» avait été éliminé par un vote stratégique, alors que ce scénario de Réjean Ducharme et le jeu de Charlotte Laurier et Marie Tifo me font vibrer lorsque je le revois pour la 20e fois à la télé. </p>
<p>Après l&#8217;adolescence, j&#8217;ai lu peu de romans. Par contre, lorsqu&#8217;un film que j&#8217;apprécie est une adaptation d&#8217;un roman, je cours à la bibliothèque. Je suis toujours agréablement surpris par la richesse de la psychologie des personnages [1].</p>
<p>La dernière gagnante de La course autour du monde (mon vieux cerveau souffre d&#8217;amnésie) avait terminé sa course à Haïti. Elle est née au Québec de parents haïtiens qui lui ont appris le créole. Évidemment l&#8217;Haïti qu&#8217;elle avait vu ne correspondait pas à celui qu&#8217;elle avait imaginé à partir des souvenirs de ses parents.</p>
<p>Je suis d&#8217;abord une bête politique. Ce que j&#8217;ai vu dans L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être de Kundera, c&#8217;était le Printemps de Prague et la «normalisation». Ce que j&#8217;ai vu dans les romans précédents lorsqu&#8217;ils étaient disponibles à la Bibliothèque municipale de Montréal, c&#8217;était le stalinisme.</p>
<p>Lorsque Pierre Bourdon a appris qu&#8217;il souffrait de la sclérose en plaques, il a dit à un journaliste du Devoir qu&#8217;il lisait un roman par jour depuis l&#8217;adolescence. Après avoir fait ses lectures de cours et lu des   dossiers du matin au soir lorsqu&#8217;il était sur l&#8217;exécutif de l&#8217;Association des étudiants de l&#8217;Université de Montréal, ses dossiers comme conseiller syndical, ses dossiers comme député, il lui était essentiel de lire un roman par jour. Réaliser qu&#8217;il avait de la difficulté à lire une page a été évidemment un choc terrible&#8230;</p>
<p>Je réserve de ce pas L&#8217;énigme du retour. Je n&#8217;ose pas dire que c&#8217;est grâce à toi. Je ne veux pas dévoiler le secret ministériel, mais dans le premier jet de «Bien commun recherché», tu t&#8217;étais attardée à critiquer Denys Arcand, non pas contre «Les invasions barbares» mais contre ses interventions répétées contre le système de santé québécois. Esther t&#8217;avait dit: «lâche-le don&#8217;». «Je n&#8217;ai pas le choix, je suis la seule». Tout allait bien puisque mes finances ne me permettaient plus d&#8217;aller au cinéma et que ma cheuffe m&#8217;interdisait d&#8217;aller voir ce film. En zappant samedi soir, j&#8217;ai vu la dernière scène à Radio-Can, après 10 minutes de pub. La bête politique se réveille: «comment acceptons-nous des pubs lors d&#8217;un film?» [2]</p>
<p>Je sais que je dégusterai L&#8217;énigme du retour. Au Parti communiste français aussi, on savait avant d&#8217;avoir lu. Mais «Cé comme Corbeil, cé pas pareil». Frenchie Jarraud fait hélas partie de ma culture «canayenne-française».<br />
- Patience, mon gars, la nuit viendra, pour t&#8217;reposer de cette vie-là, chantait Léveillée dans Le chauffeur de taxi.</p>
<p>[1] L&#8217;exception étant Le crime d&#8217;Ovide Plouffe dont Denys Arcand a fait un petit bijou, alors que le roman est, on ne peut plus fade. Les commentateurs du roman Les Plouffe avaient dit avec raison que Roger Lemelin avait dépassé les études sociologiques sur la famille canadienne-française. Il s&#8217;est pris pour un sociologue des origines de la Révolution tranquille en rédigeant Le crime d&#8217;Ovide Plouffe.</p>
<p>[2] La présentation des Enfants du refus global de Manon Barbeau que de nombreuses personnes avaient critiqué sans l&#8217;avoir vu était aussi interrompue par des pubs toutes les dix minutes.</p>
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